Les différents éléments suivants peuvent être trouvés par le chasseur sans trop de difficulté : Bourges, Roncevaux, Carignan, l’Orthogonale, Golfe Juan, la distance de 56 cm pour construire la Flèche d’Apollon, la liste des 10 villes et la phrase « la clef se cache sur un navire noir perché ».
Une simple construction géométrique de ces éléments permet de converger vers Dabo : presque sur l’orthogonale, presque à 56 cm de Golfe Juan.
Par ailleurs, le texte insiste sur le fait qu’Apollon est sur la plage à Golfe Juan, donc à une altitude 0 et mesure vers le zénith, donc potentiellement au-dessus de sa tête, les 1969,697 mesures. Il s’agit ici de nous faire croire qu’il faut calculer une altitude de 650 m en utilisant la valeur de 33 cm pour la mesure. Car il se trouve que le sommet du rocher de Dabo, où se trouve la chapelle Saint Léon, est à 650 m d’altitude. Ce rocher est donc utilisé car à proximité de la Flèche d’Apollon pour masquer l’interprétation réelle des 1969,697 mesures.
Et comme justement nous devons trouver un édifice religieux, la Chapelle Saint Léon semble tomber à pic. Mais à un détail près et qui a son importance : une chappelle n’est pas une église et il est très difficile de parler du clocher d’une chapelle. Cet édifice est beaucoup trop modeste pour être une solution.
Une autre nuance peut aussi nous mettre la puce à l’oreille : il n’est pas dit qu’Apollon compte vers son zénith mais vers le zénith, différence de sens notable car cela signifie qu’il ne mesure pas dans une direction verticale ascendante au dessus de sa tête à Golfe Juan (ce qui n’a aucun intérêt d’ailleurs) mais vers un point précis nommé « zénith » et qui est identifié comme tel (ce n’est pas un zénith quelconque).
Dabo et son rocher ne sont donc même pas une fausse zone, tout au plus un élément de brouillage fort dans la résolution car c’est un point de convergence. C’est ce qui permet d’ailleurs de comprendre que c’est un leurre : trop d’indices y mènent et avec une trop grande facilité puisque ce lieu fut trouvé très tôt par les chasseurs.
Ce qui fit l’importance de ce leurre fut davantage son succès et une forme de « publicité » que son rôle véritable dans la chasse. Un rôle surdimensionné comme le montreront les fausses pistes et fausses zones ultérieures, bien plus riches et bien plus précises, mais un rôle tout de même car nécessairement, tout chasseur est amené à se poser la question : « Et si c’était à Dabo ? »
Nous pouvons admettre que la précision de notre main est de 1 mm dans les traces que nous effectuons sur la carte. Cette précision est suffisante pour cette chasse puisque nous utilisons des outils courants et simples (règle, crayon, équerre ...) et il n’est pas concevable qu’il faille une plus grande précision puisque cela nécessiterait du matériel non conventionnel (y compris la carte !).
Donc, utiliser 56 cm, 55,9 cm ou 56,1 cm est pour ainsi dire équivalent en termes de tracé. Le millimètre constitue ici une erreur maximale pouvant être admise. En inversant la formule de calcul utilisée en 420, nous avons alors :
Dmin = 300 000 x 24 x 3600 / Fmax = 559
Dmax = 300 000 x 24 x 3600 / Fmin = 561
On en déduit les fractions sidérales minimale et maximale qui auraient pu (l’une ou l’autre) être dans le livre à la place de 46 281 860 de sorte que la distance calculée aurait été plus grande ou plus petite d’un millimètre :
Fmax = 25920000000 / 559 = 46 368 515,205724508050089445438283
Fmin = 25920000000 / 561 = 46 203 208,556149732620320855614973
Nous pouvons ignorer les décimales de ces fractions et nous avons donc :
Fmax = 46 368 515
Fmin = 46 203 208
Ce qu’il faut retenir ici est que Max Valentin aurait pu choisir n’importe quelle valeur de la fraction sidérale comprise entre ces deux bornes puisque le calcul serait pour ainsi dire équivalent, la distance à reporter sur la carte étant nécessairement comprise entre 55,9 et 56,1 cm.
Et pour être plus précis, il y a Fmax - Fmin choix possibles, c’est-à-dire un intervalle de 165 307 valeurs entières possibles de la fraction sidérale !
Et plus proche on est de la valeur indiquée dans le livre, plus l’erreur commise sur la carte de France est négligeable devant la solution exacte. Il découle de ce raisonnement que la fraction sidérale donnée dans le livre est trop précise et a donc nécessairement fait l’objet d’un choix délibéré de Max Valentin pour brouiller l’usage à faire de ce calcul.
Mais alors dans quel usage ?
Le piège consiste à interpréter les 1969,697 mesures sous la forme d’un angle à Golfe Juan par rapport au nord carte pour ensuite calculer la longueur d’un arc de cercle en combinant ce calcul d’angle à celui de son rayon, les 56 cm ci-dessus évoqués.
Et il se trouve que le choix de cette fraction du jour sidéral conduit à un arc de 2,64 Km, c’est-à-dire exactement une interprétation des 8000 mesures qui suivront en 650.
Et c’est la seule valeur parmi celles possibles pour la fraction du jour sidéral qui permet ce faux lien avec l’étape 650 !